Tantôt jugée vieillotte, claquemurée dans les greniers poussiéreux des manuels scolaires d’antan, tantôt célébrée ou redoutée pour sa toute-puissance politique in utramque partem, la rhétorique est au cœur de nos interactions, des moments forts de nos existences (demandes, négociations, rencontres) aux manifestations citoyennes (débat, vulgarisation, publicité). Cet art du discours organise la vie des communautés humaines, du noyau familial à la démocratie : en apprendre les rouages permet de se mettre en chemin vers la responsabilité d’une parole habitée et adulte. Enfin, c’est au nom de la rhétorique que la littérature s’est attribué, à partir de la Renaissance, une légitimité intellectuelle : si fable, fiction, et allégorie ont une valeur cognitive, celle-ci procède d’une conception rhétorique du vraisemblable. Au cours de ce semestre, nous parlerons des parties du discours, des figures de style, de la construction des phrases complexes, de l’argumentation, de l’ethos et du pathos, et nous nous essayerons aussi à l’analyse de textes allant de l’Antiquité à nos jours.