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Ressources audios et vidéos
Table des matières
1. Travail & Emploi [Modifier]
2. Droit, Justice, Criminologie [Modifier]
3. École & éducation [Modifier]
4. Classes sociales, Inégalités
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5. Arts, Culture et Pratiques culturelles et sportives
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6. Politique(s), Institutions, Territoires [Modifier]
7. Sciences et Techniques, Environnement
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8. Questions raciales : identités, racisme, discriminations [Modifier]
9. Familles, Générations, rapports de genre [Modifier]
10. Santé, politiques sociales, services sociaux [Modifier]
11. Histoire [Modifier]
12. Sociolinguistique & langage
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13. Auteur·ices classiques & Généralités
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14. Vidéos [Modifier]
14.1. Webtv de Nantes Université : conférences Chercheur·es à la BU
Travail & Emploi [Modifier]
Dans cet épisode, le sociologue Didier Demazière décrit la
manière dont il traite la question des chômeurs et de leur recherche
d'emploi. Il parle d'entretiens biographiques, d'analyse du retour à
l'emploi et des politiques publiques et raconte l'histoire d'un jeune
demandeur d'emploi.
Immersion
dans l'agence France Travail du quartier de la Blancarde à Marseille où
Clotilde, une conseillère, accueille chaque jour des demandeurs
d'emploi. Clotilde décrit son quotidien professionnel, parfois
difficile. "Ce n'est pas toujours facile de répondre à l'angoisse ou au
stress de la personne qu'on a en face", "il faut rester dans la posture
du conseiller et non pas essayer d'être Superman ou Wonder Woman".- Sociologie du travail créateur, leçon inaugurale : la différence, la concurrence et la disproportion
Dans le cadre de la chaire Sociologie du travail créateur, le Pr Pierre-Michel Menger a procédé d'abord à l'étude générale des actes de travail, mais il envisage le travail autrement que comme une désutilité ou une charge supportée pour se procurer une rémunération qui est seule génératrice de bien-être et de loisir, mais comme une valeur graduable. À une extrémité figure le caractère fastidieux et routinier du labeur, et à l'autre extrémité la valeur positive du travail entendu comme le vecteur de la réalisation de soi. L'analyse permet de montrer comment il convient de disposer sur cet axe les métiers et les statuts d'emploi et comment le travail évolue sous l'influence des technologies, des modes d'organisation et des équilibres recherchés collectivement pour modifier la part routinière et la part expressive du travail
Épisode 1 :Domestique diplômé (55 minutes)
Dominique Méda est une philosophe et sociologue française, spécialisée dans les questions de travail et du partage des richesses. Elle est directrice de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales, et autrice de plusieurs essais dont “Qu’est-ce que la richesse ?” et “La mystique de la croissance”. Elle est aussi chroniqueuse dans le journal “Le Monde”. Et elle a des propositions de réformes à nous soumettre en tant que possible future membre du gouvernement.
L’intérim a été introduit en France en 1955-1956. Aujourd’hui il fournit l’équivalent de 800 000 emplois à plein temps, il concerne peut-être 2,5 millions de personnes. Avec, contrairement aux images habituelles, une forte proportion d’hommes jeunes et de plus en plus de diplômés.Droit, Justice, Criminologie [Modifier]
La sortie de prison peut prendre des formes très différentes entre la sortie dite "sèche" c’est-à-dire au dernier jour du temps de la peine, de manière non préparée – dont on sait qu’elle est la plus récidivante, ou celle d’une sortie aménagée. La loi prévoit que les personnes détenues doivent bénéficier, "chaque fois que cela est possible", d’un retour progressif à la liberté "dans le cadre d’une mesure de semi-liberté, de placement à l’extérieur, de placement sous surveillance électronique, de libération conditionnelle ou d’une libération sous contrainte".
C’est une immersion au tribunal de Marseille qui dure plusieurs mois, en 2016 et en 2017 : De jeunes prévenus qui se confient, des enquêteurs sociaux qui interrogent, des juges qui examinent, des avocats qui tentent de défendre. Un refus d’obtempérer, du trafic de stups, des vols. Des geôles, une salle d’audience.
Poussés sur les chemins de l’exil, victimes de la traite des êtres humains parfois également, les mineurs dits « non-accompagnés » arrivent seuls, sans famille ni ressources après un parcours migratoire souvent traumatisant, fait de séparations, de violences et de solitude. Dans certains cas, un doute subsiste sur leur âge précis et sur leur identité, mais ces situations ne doivent pas cacher la réalité de leur destin dans notre pays : bien souvent, ils ne sont pas considérés exactement comme les autres mineurs. Parfois, ces enfants sont exploités par des réseaux qui s’en servent pour leur compte ; ils subissent la violence spécifique d’être contraints à commettre des délits.
Comment expliquer que les femmes tuent beaucoup moins qu'elles ne sont tuées ? Existe-t-il une spécificité du rapport des femmes au crime ? Ce ne sont pas les idées reçues qui manquent sur les femmes criminelles. Ainsi, elles seraient cantonnées dans certains crimes - comme l’infanticide - ou certaines manières de tuer comme l’empoisonnement. Or, il s’avère que ces deux affirmations sont inexactes. Est-il seulement possible de caractériser le crime féminin sans tomber dans des clichés ? Pour tenter de répondre à cette question, le mieux est de se pencher sur la vie des femmes tueuses, sur leurs tourments intimes, sur leurs fantasmes, dans des entretiens thérapeutiques. C’est aussi ce que font les juges qui doivent côtoyer cette singularité du crime commis par des femmes.
En 1804, le Code civil napoléonien légitime l'incapacité juridique des femmes et écarte la justice pénale de l'intimité du couple. Alors que l'idée fallacieuse de crime passionnel envahit la sphère médiatique, quel cheminement fait émerger le concept de féminicide ? Entré dans Le Robert en 2015 et dans Le Larousse en 2021, le terme féminicide désigne en français l'assassinat d'une femme parce qu'elle est une femme. Les militantes et associations féministes ont eu à cœur de faire entrer ce vocable spécifique dans le langage courant afin de nommer et rendre visible un phénomène systémique, qui révèle les intrications du patriarcat.
Délits mineurs raconte la justice des mineurs depuis le point de vue d’une assesseure au tribunal pour enfants de Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Les assesseurs sont des citoyens-bénévoles qui assistent le juge des enfants dans les affaires où des mineurs sont suspectés d’avoir commis des délits graves, parfois des crimes. Il y a un juge et deux assesseurs par audience. En délibéré, les décisions se prennent à la majorité des voix. Le juge et les assesseurs disposent chacun d’une voix, de valeur égale. Chaque épisode de Délits mineurs plonge l’auditeur dans l’histoire d’un jeune, dans le déroulement d’une audience et dans une expérience subjective, parfois déchirante : celle de juger.École & éducation [Modifier]
En 1978, Georges Liénard et Émile Servais publiaient en
Belgique Capital culturel et inégalités sociales,
issu de leur thèse commune. Un livre qui rendait alors compte de l’une des
premières enquêtes d’envergure sur les mécanismes de socialisation des enfants,
sur les rapports à l’école selon les classes sociales, et plus généralement sur
la transmission du capital culturel entre les générations. Mais qu’est-ce que
le capital culturel et le capital symbolique ? En quoi jouent-ils un rôle dès
la maternelle ? En quoi par exemple l’organisation matérielle et spatiale de la
maison nous dit des choses sur le rapport à la culture selon les familles ?
Mots clés : Éducation, École, Inégalités sociales
Choix scolaires, stratégies des familles, politiques publiques et trilemme éducatif
Public ou privé ? Le choix de la scolarité des enfants sème parfois la zizanie dans les amitiés des parents dont le cœur balance. Démonstration avec Charlotte et Raphaël.- Professeurs, le mal de l'école (4 épisodes x 59 minutes)
En France il est rare d’entendre des professeurs parler d’eux-mêmes. Et si c’étaient pourtant eux qui parlaient le mieux de leur métier, qu’il fallait écouter attentivement pour comprendre l'avenir de la nation ? Pénurie d’enseignants, manque de moyens, classes souvent surchargées, pression des réformes incessantes qui modifient les programmes ou l’organisation pédagogique, des difficultés et des inégalités qui s’accumulent, qui touchent élèves comme enseignants. La détérioration progressive du système éducatif affecte non seulement les structures de l’école, mais également les enseignants eux-mêmes. Le manque de ressources, de soutien et de stabilité dans les politiques éducatives crée un environnement dans lequel il est de plus en plus difficile pour les enseignants de s’épanouir.
Le 10e Congrès de l’Association française de Sociologie a eu lieu du 4 au 7 juillet 2023 à l’Université Lumière Lyon 2, sur les thématiques d’intersection et de circulation. L’occasion pour Kadékol de s’intéresser au Réseau thématique de la sociologie de l’éducation et de la formation.Cet épisode aborde la question de la genèse des inégalités en lecture au cours des premières années de l’enfance.
L’école était pour Mona enfant l’échappée, le lieu des rencontres, de la
joie, la sortie de la solitude et du silence, en un mot le « lieu d’une bienheureuse abstraction ». C'est un lieu où l'on dépose à l'entrée « toutes ses singularités », et où s'abolissent les distinctions, pensait-elle. Le « remède à l'insécurité » en somme.
« C’est bien de proclamer la République tous les quatre matins, encore faut-il que nous devenions républicains dans notre comportement moral ». Ainsi parlait Ferdinand Buisson. Ferdinand Buisson ? 1841-1932. Directeur quasi perpétuel de l’enseignement primaire sous Jules Ferry et bien au-delà, il fut le grand entrepreneur du chantier laïque de la Troisième République. Il rêvait d’une école où, à l’exemple de l’instituteur esprit libre répondrait en écho l’élève devenu lui aussi une individualité pensante et qui rayonnerait à son tour : « Va, petit missionnaire de l’école laïque, rapporte à tes parents tes cahiers, tes livres, tes images et les beaux récits d’histoire et de morale que tu auras entendus du maître…. »
Perrine Kervran vous emmène dans les lycées professionnels à
la rencontre des élèves, des anciens, des profs et des chercheurs qui
travaillent… Mal considéré, mal connu, multiple, complexe et malmené par
les réformes successives, c'est le LP !
Quand ses parents se sont séparés, Diane a demandé à aller en pension. Mais le pensionnat élitiste où elle a posé ses valises allait lui réserver quelques déconvenues. Marie-Hildegarde et Vincent ont aussi vécu en pensionnat, mais en gardent un souvenir plus agréable. Classes sociales, Inégalités
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Quelles sont les relations entre religions et classes sociales ? Quel rôle joue la religion dans la reproduction des inégalités de classe ? Mais aussi, comment la religion impacte-t-elle les trajectoires de mobilité sociale ? Et enfin, quels sont les déterminants sociaux du religieux ? Juliette Galonnier et Ana Perrin-Heredia à parler du livre qu’elles ont co-dirigé avec Anthony Favier et Yannick Fer, Religions et classes sociales. À la croisée de plusieurs disciplines, cet ouvrage rassemble onze enquêtes pour renouer avec ce champ d’investigation, en partie délaissé ces dernières années par les sciences sociales. Un livre qui interroge nos manières de voir (ou de ne pas voir) ces liens entre religion et classes sociales, et qui nous aide à comprendre la fabrique des frontières sociales et la reproduction des inégalités.
Nesrine Slaoui est journaliste, et elle fait partie des 4 % de personnes
diplômées d'un Bac+5 qui sont enfants d'ouvriers non qualifiés.
D’origine marocaine, elle a grandi dans le Sud de la France, dans la
banlieue d’une petite ville près d’Avignon. Fille d’un père maçon et
d’une mère femme de ménage, elle a décroché un diplôme de premier cycle à
Sciences Po Grenoble, puis un master de journalisme à Sciences Po
Paris. Ce parcours de transfuge de classe, elle l'a d'abord tu pendant
ses études, avant de décider de prendre la parole sur ce sujet. Elle l'a
raconté sur les réseaux sociaux, puis dans une vidéo Brut devenue
virale, qui totalise plus de 16 millions de vues sur Facebook et qui a
fait beaucoup parler d'elle. Dans cet épisode de Fracas, Nesrine Slaoui raconte son parcours, et
comment elle a choisi d'en faire un sujet de discours public.
Rose-Marie Lagrave a accueilli Marie Misset dans son appartement à Paris. De sa voix rauque, elle a raconté au micro son enfance pauvre et rurale, puis son parcours, qui l'amènera à changer de classe sociale et à devenir plus tard directrice d'études à l'EHESS. Ce parcours, la sociologue le raconte et l'analyse dans son livre Se ressaisir. Enquête autobiographique d’une transfuge de classe féministe (La Découverte, 2021).
Le mépris social s'exprime plus ou moins discrètement pour maintenir l'ordre dans la société. Peut-il et doit-il devenir un concept sociologique ? Qu’il s’agisse de remarques désobligeantes, de jugements à l’emporte pièce, de regards de haut ou de biais, d’insultes caractérisées ou de simple indifférence, qu’il soit manifeste, sous-entendu ou en partie inconscient, le mépris de classe prend toujours la forme d’un rappel à l’ordre, à l’ordre social. Il exprime toujours une forme de classement, et donc de hiérarchie. S’il est rarement explicite, c’est qu’il n’intervient que lorsque l’évidence de l’ordre social peine à s’imposer, qu’il convient donc de l’énoncer pour la performer. Utile socialement le mépris social l’est-il également sociologiquement ? Peut-il être davantage qu’un objet, important, de la sociologie, pour en devenir l’un des concepts ?
Lorsque l'ancien journaliste Robert Park dirigeait le département de sociologie de l'Université de Chicago, il avait alors pour principe pédagogique de dispatcher ses étudiants sur différents terrains de la ville exactement comme il le faisait auparavant avec ses reporters lorsqu'il était rédacteur en chef de divers journaux américains. C'est ainsi qu'en 1925, le jeune Paul Cressey entamait une enquête qui allait donner l'une des monographies classiques de l'école de Chicago : The Taxi-Dance Hall. A Sociological Study in Commercialized Recreation and City Life. Près d'un siècle plus tard c'est dans cette magnifique tradition de Chicago que s'est inscrite une jeune sociologue américain, Ashley Mears, en décidant d'enquêter sur le monde des boîtes de nuit les plus select, de celles et ceux qui les peuplent et surtout de l'extraordinaire travail requis pour produire ces nuits étranges où le commerce des corps et des statuts se déploie à travers de multiples interactions.
Ervé a vécu plus de 20 ans "à ras du sol", sans jamais cesser d’écrire. Léa et sa mère ont été expulsées de leur logement en juillet 2022 et sont maintenant sans domicile. Sur les réseaux sociaux, tous les deux racontent la rue, et bien d’autres choses encore. Sans abris, à la rue ou en galère, ils en sortent et replongent (ou pas), mais ce qui les relie au monde comme les autres, ce sont souvent les réseaux sociaux. Ils y racontent leur vie, font de la littérature ou jouent des morceaux de musique, tournent de petites vidéos sur leur quotidien, essaient d’être joyeux ou disent la dure vie et la colère de ceux qui n’ont pas de logement fixe. Parfois, ils y trouvent du boulot, une vocation, un souffle, un réconfort.
Peut-on encore parler de bourgeoisie dans une société qui rejette la
notion de classe sociale ? La bourgeoisie est-elle menacée de
disparition ? Dans quelles conditions les positions dominantes se
reproduisent-elles d'une génération à l'autre ?
Les inégalités sont-elles devenues trop nombreuses, trop dispersées ? Divisent-elles plus qu'elles ne rassemblent ? François Dubet est professeur de sociologie émérite à l’université de Bordeaux II et directeur d’études à l’EHESS. Il publie Tous inégaux, tous singuliers. Repenser la solidarité (Seuil, 04/03/2022), où il s’intéresse non pas aux grandes inégalités que l’on dénonce généralement mais aux inégalités ordinaires, celles qui font le quotidien : les inégalités urbaines et territoriales, les inégalités scolaires, les inégalités découlant de discriminations… Il montre aussi que "les inégalités changent de nature" : le “régime des inégalités de classe”, où il s’agissait de réduire les inégalités entre les positions sociales, a fait place au “régime des inégalités multiples”, où les inégalités "explosent" et s'individualisent. Il décrit un nouveau régime d'inégalités centré sur l’égalité des chances. L’idéal des inégalités justes supplante celui de la société juste selon lequel on a ce qu’on mérite. La formation des inégalités serait ainsi de la responsabilité des individus, notamment dans le cadre scolaire. L'idéal méritocratique, précise François Dubet, est difficile à réaliser. Et quand il se réalise, il a "des effets négatifs contestables : l'orgueil des vainqueurs, l'humiliation des vaincus..."
Comment se fait-il que certains "pauvres", qui vivent avec l'aide des allocations, se payent le dernier Iphone ou des fringues de marque ? Au fond, quelqu'un de pauvre, est-ce que ne serait pas quelqu'un qui ne sait pas correctement gérer son budget ? Et pourquoi est-on si nombreux à avoir peur de devenir SDF ? Denis Colombi, sociologue et auteur de "Où va l'argent des pauvres" (Payot) fait le pointArts, Culture et Pratiques culturelles et sportives
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Dans les années qui suivent la Libération, la création d’un ministère des Affaires culturelles et celle d’un Haut Commissariat à la jeunesse et aux sports éloignent l’action culturelle de l’éducation populaire. Cette dernière, tout en se renouvelant sur un plan militant et doctrinal, se professionnalise et forme un personnel dédié à l’animation. Elle sera par la suite rattachée au Haut Commissariat. Quant au ministère des Affaires culturelles, il est conçu pour la création et l’admiration de l’art. À l’un échoit la pédagogie, à l’autre, l’esthétique. Dotés d'équipements différents, mus par des objectifs divergents, pilotés et administrés par des profils de personnes formées dans des établissements distincts, les secteurs collaborent peu. Ce clivage concourt à faire de ces deux ministères des frères ennemis.
Confrontée dans les années 1980 à la fermeture de ses chantiers navals, Nantes a fondé son projet de rénovation urbaine sur la culture. Ainsi dès les années 1990, un lien étroit s’est noué entre les artistes, le monde culturel et la ville qui a alors transfiguré son image. Elle est aujourd’hui un cas d’école de transformation par la culture et l’urbanisme et incarne désormais un idéal-type de ce que l’on appelle une « ville créative » : un modèle de développement territorial visant à attirer talents et investissements afin d’accroître l’attractivité du territoire. Se pose dorénavant la question du renouvellement de cette stratégie à l’aune de nouveaux enjeux, tels ceux de la transition écologique ou de l’inclusion. La politique culturelle de Nantes est-elle arrivée à la fin d’un cycle ?

Le secteur culturel doit répondre à l’urgence climatique et contribuer à
l’objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici 2050.
Comment la culture peut-elle opérer un changement de modèle ? Est-il
possible de sortir du « toujours plus, toujours plus vite » ? Ne faut-il
pas imaginer des événements à la jauge plus réduite, mieux répartis
dans le temps et l'espace, avec des artistes locaux ? Comment sortir de
la logique de concurrence entre territoires qui semble difficilement
compatible avec la notion de sobriété ? Un podcast en partenariat avec la Fnadac, enregistré lors des 6es Assises nationales des DAC les 20 et 21 octobre 2022 à Sète.
Dans
cet épisode de Vieille Branche, Marie Misset a rencontré Frederick
Wiseman. De passage à Paris pour son nouveau film 'Monrovia, Indiana" le
documentariste l'a accueillie dans le pied-à-terre mansardé qu'il
occupe lorsqu'il vient monter ses films dans la capitale française.
Ensemble, ils ont discuté de son œuvre foisonnante, devenue au fil des
films, un véritable portrait des Etats-Unis et de ses institutions, de
son lien avec Paris, et de son rapport avec les personnages de ses
films.
Au
pied de la ligne bleue des Vosges s'est établi en 1895 un rendez-vous
de spectacles estivaux. Aujourd'hui le Théâtre du Peuple de Bussang
poursuit son chemin et est même pour la presse nationale, le ministère
de la Culture, les collectivités, un théâtre « légitime ». A près de 120 ans, le Théâtre du Peuple poursuit son chemin. C’est même pour la presse nationale, le ministère de la Culture, les collectivités, un théâtre « légitime ». La légitimité d’aujourd’hui tient largement aux chiffres. Devenu lieu-ressource pour ceux qui calculent, Bussang commet le prodige de rester en même temps un lieu-source.
Que ce soit dans les œuvres ou du côté des artistes qui les font, la bande dessinée est, comme beaucoup de milieux artistiques, un monde d’hommes. Dans cette industrie culturelle au poids considérable en France, ils sont plus nombreux, plus reconnus et plus encouragés à exprimer leur créativité que leurs homologues féminines. Par quels mécanismes les hommes ont-ils exclu et invisibilisé les femmes dans l’histoire du 9e Art ? Comment le genre influence la répartition des tâches dans la fabrication des BDs ? Quel est le rôle des institutions culturelles dans la sacralisation du “génie” au masculin ? Pour en parler, Naomi Titti reçoit Maëlys Tirehote-Corbin, doctorante en cours de thèse de sociologie sur les trajectoires des auteurices de bande dessinée.
Un podcast sur les bibliothèques, sur comment elles fonctionnent à l'intérieur, sur les bibliothécaires et leurs affects, les liens entre els communautés, la société, et un métier trop souvent conçu comme une passion. Des apports théoriques de plusieurs champs disciplinaires, des retours d'expérience (avec des invité·es parfois) et des blagues un peu nulles c'est le programme du bibliobus.
De la colonne Vendôme détruite lors de la Commune de Paris aux colonnes de Buren vilipendées un siècle plus tard, en passant de nouveau par la place Vendôme avec le plug anal géant de Paul McCarthy, La Danse de Carpeaux, une fresque de Diego Rivera, les 13 Most Wanted Men d’Andy Warhol ou toujours à New York le Tilted Arc de Richard Serra, Le vagin de la Reine d’Anish Kapoor à Versailles ou les tulipes offertes par Jeff Koons à la ville de Paris… La liste est longue, très longue des œuvres d’art conçues pour l’espace public et qui ont suscité la controverse.
Sur Les Routes du Comté vous invite au voyage dans le Massif du Jura, à la rencontre de ceux qui font le Comté.On n’imagine pas tout ce qu’il y a dans un morceau de Comté. Il y a des hommes et des femmes passionnés, des traditions et une région préservée… Mais il y a, avant tout, une volonté de partager.
Mots clés : Agriculteurs, patrimoine culinaire, gastronomie
39 millions de Français font du sport ne serait-ce qu'occasionnellement. Leur pratique est éclectique mais somme toute assidue. Leurs motivations sont à la fois universelles et très contemporaines: divertissant, socialisant et épanouissant, le sport apparaît aussi défoulant et hygiéniste. Le vélo a pris la tête des loisirs sportifs les plus plébiscités par les français. Et si la pétanque était devenue un loisir de cadre supérieur...Politique(s), Institutions, Territoires [Modifier]
Comment
analyser l’engagement des français ? Passe-t-il uniquement par
l’engagement politique ? Anne Muxel et Adelaïde Zulfikarpasic,
rattachées à la Fondation Jean-Jaurès, analysent l'évolution de
l'engagement dans leur dernier ouvrage "Les Français sur le fil de
l’engagement".
Moral des chefs d’entreprises: stable; embauches: stables; croissance: stable… Les chiffres se succèdent et se ressemblent… et la conjoncture est morose. Les statistiques qu’on retrouve régulièrement à la Une de nos journaux dessinent une France qui stagne, immobile, en panne. Les synonymes ne manquent pas, on les a tous eu ces trois dernières années. Le moindre frémissement est commenté, récupéré par des politiques qui ne racontent plus d’autre histoire que celle des chiffres. Pourtant la réalité économique et sociale ne se résume pas à l’arithmétique. C’est là un débat permanent : les statistiques sont-elles des données objectives au service de la décision politique? Ou bien des outils qu’on manipule pour servir une idéologie ?
On n'a sans doute pas assez insisté sur le rôle de la Manif pour tous,
en France, dans le renouveau des extrêmes droites, dans la
radicalisation de franges de la droite conservatrice mais aussi dans la
stimulation d'un nouveau militantisme féminin ancré dans la sphère des
droites radicales, identitaires et néofascistes. Dans ce nouvel épisode,
on discute avec Magali Della Sudda de cette question à partir de son
dernier livre, intitulé "Les nouvelles femmes de droite" et paru aux
éditions Hors d'atteinte. On y évoque la création de nouveaux collectifs
féminins, le socle éthique et politique qui les unit mais aussi les
clivages qui les séparent, notamment entre antiféminisme et "féminisme
identitaire". On revient sur les trajectoires, les propriétés sociales
et les aspirations politiques de ces femmes - généralement jeunes - qui
font le choix de militer dans ces collectifs. On parle enfin des
nouvelles stratégies, communicationnelles et militantes, qu'elles
mettent en œuvre et la manière dont elles contribuent ainsi à la
bataille culturelle.
Alors que les embrouilles de quartier ont une place centrale en banlieue populaire, elles sont très mal comprises en dehors, souvent réduites à des “rixes” ou à des “violences urbaines”. Or ces conflits sont loin d’être de simples bagarres de garçons : ils construisent des codes et des valeurs propres aux quartiers pauvres non-blancs, et façonnent le rapport aux forces de l’ordre.Comment fonctionnent les embrouilles de quartiers ? Qui sont ceux qui y participent, et pourquoi est-ce qu’ils le font ? Qu’est-ce que ces conflits nous apprennent des normes de masculinité dans les banlieues populaires ?
Julia Cagé est économiste, spécialisée dans le financement des médias et de la démocratie. Elle est également professeure à Science Po Paris et autrice de plusieurs ouvrages tels que “L'information est un bien public : Refonder la propriété des médias” et “Pour une télé libre. Contre Bolloré.” Mais elle est aussi présidente de la Société des lecteurs du Monde et elle a des propositions de réformes à nous soumettre en tant que possible future membre du gouvernement.
Emmanuel
Lazega est professeur des universités à Sciences Po et sociologue au
CSO. Il s'intéresse à l’analyse de réseaux inter-personnels et
inter-organisationnels, c'est-à-dire à la vie relationnelle qui
s’établit au sein des collectifs et aux relations qu’ils entretiennent.
Ces mécanismes collectifs constituent ce que Emmanuel appelle le capital
social du collectif qu'il a étudié dans un cabinet d'avocats
d'affaires, puis à d'autres terrains comme des institutions
publiques-privées. Emmanuel alerte sur l'avenir de la sociologie
publique face aux grandes plateformes qui détiennent des données de
réseaux sur le fonctionnement des institutions, qu'il estime être une
menace pour la démocratie
Entretien avec le politiste Vincent Tiberj qui a publié aux éditions PUF « La droitisation française - mythe et réalités ». Nous oscillerons entre optimisme et pessimisme pour mieux comprendre le décalage entre les résultats des dernières élections et l’évolution des mentalités en France. Nous parlerons valeurs, votes, médias, générations, clivage droite-gauche, tonton raciste et nièce woke…
Ce lundi [de janvier 2024], à l'appel des syndicats majoritaires, les agriculteurs se sont donnés rendez-vous pour bloquer la capitale. Comment expliquer cette colère, et de quelle façon le pays la perçoit-elle ? En quoi la réalité rurale s'est-elle complexifiée ces dernières années ? Les manifestations et les blocages mis en place depuis dix jours par les agriculteurs français ont surpris autant le gouvernement que l’opinion publique. Pourtant, les études universitaires sur le monde rural se sont profondément renouvelées en même temps que les représentations documentaires et de fiction d’un univers dont l’unité rêvée du passé a laissé la place à une variété de situations en rendant difficile la lecture.Sciences et Techniques, Environnement
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Le sociologue Olivier Borraz évoque ses recherches dans le domaine de l'étude des risques non seulement en France mais également dans une approche comparative internationale. Dans cet épisode, il s'intéresse à la gestion des crises et lance une nouvelle structure de recherche autour de la formation et de l'expérimentation.
En
apparence, l'anthropologie de la nature est une sorte d'oxymore
puisque, depuis plusieurs siècles en Occident, la nature se caractérise
par l'absence de l'homme, et l'homme par ce qu'il a su surmonter de
naturel en lui. Mais la nature n'existe pas comme une sphère de réalités
autonomes pour tous les peuples. En postulant une distribution
universelle des humains et des non-humains dans deux domaines
ontologiques séparés, nous sommes bien mal armés pour analyser tous ces
systèmes d'objectivation du monde où une distinction formelle entre la
nature et la culture est absente. Une telle distinction paraît, en
outre, aller à l'encontre de ce que les sciences de l'évolution et de la
vie nous ont appris de la continuité phylétique des organismes. Notre
singularité par rapport au reste des existants est relative, tout comme
est relative aussi la conscience que les hommes s'en font.
Si l'on me demandait de décrire tous les objets qui composent le studio radiophonique dans lequel cette émission démarre aujourd'hui, et de préciser d'où viennent tous les matériaux qui constituent les objets qui nous entourent, les micros, les chaises, la table-ronde autour de laquelle nous sommes installés, l'horloge et ses petits points lumineux rouge qui égrènent les secondes, les câbles et les baffles, mon casque, l'écran d'ordinateur qui me fait face, j'en serais bien incapable, vous l'avez compris. Il existe des gens qui tentent d'être en mesure au quotidien de répondre à ces questions, et ainsi d'approcher un quotidien de subsistance. La sociologue Geneviève Pruvost est allée à leur rencontre. Elle est rejointe en seconde partie par l'artiste Marie Preston.Questions raciales : identités, racisme, discriminations [Modifier]
En France, le mot race fait peur. Si peur que l’Assemblée Nationale a voulu le rayer de la Constitution, et que le prononcer, même dans un usage critique, ferait de vous un·e ennemi·e de la République. Pourtant, la notion de race est essentielle pour analyser les rapports de pouvoir entre les personnes blanches et non-blanches, et pour combattre le racisme. En niant l’acception sociologique du mot race, ses détracteur·rices freinent la prise de conscience de la réalité des discriminations raciales qui persistent dans notre société.Pourquoi la France est-elle encore si réticente à l’usage critique du mot race ? Comment manipuler cette notion malgré son lourd poids historique ? En quoi le fait de circonscrire le racisme à une question morale peut nuire à la conscientisation de la dimension systémique du phénomène ?
Parler de race en France est difficile. À l'unanimité les députés
voulaient il y a quelques années supprimer le mot de la Constitution.
Cela au nom de la colorblindness de la République, de son
indifférence proclamée à la couleur de peau. Dans le même temps
pourtant, les mêmes parfois qui se drapent dans ces grands principes
célèbrent le métissage. Pour comprendre ce paradoxe, et mieux analyser
l'omniprésence de la race, c'est-à-dire souvent du racisme dans la
société française, la sociologue Solène Brun a fait de cette condition
métisse un prisme. Elle est cette semaine l'invitée de la Suite dans les
Idées. Et sera rejointe en seconde partie par la metteuse en scène,
autrice et performeuse Rébecca Chaillon.Familles, Générations, rapports de genre [Modifier]
Quels sont les différents styles de couples et leurs caractéristiques ? Vivre en couple, aujourd'hui, ce n'est plus se conformer à un modèle unique. Les couples ont des personnalités très différentes. La réussite ou l'échec d'un couple, sa frustration ou son épanouissement, l'amertume ou la confiance en l'autre, dépendent moins d'une formule magique universelle que du mode de gestion de problèmes rarement évitables. S'appuyant sur les résultats de plusieurs enquêtes menées auprès de milliers de couples, des chercheurs ont voulu identifier ce qui caractérise le fonctionnement des différents types de couples. Ils ont dégagé 5 principaux "styles" de conjugalité. Quelle est alors l'ampleur des risques et des échecs propres à chaque style ? Et quels sont les facteurs - milieu social, réseau de parenté, histoire familiale - qui encouragent leur succès ?
Pourquoi en France les hommes sont-ils plus riches que les femmes ? Et pourquoi le sont-ils de plus en plus ? Si les inégalités de revenus sont bien connues, on ignore souvent que les inégalités de patrimoine entre hommes et femmes sont en train d’augmenter en France. L’inégalité patrimoniale entre hommes et femmes est passée de 9 % en 1998 à 16 % en 2015.Dans cet épisode, elles expliquent et démontrent les mécanismes qui favorisent l’appropriation masculine du capital et leur lien avec les inégalités entre classes sociales. Il est question de travail domestique, des origines des inégalités de revenus entre hommes et femmes, de pension alimentaire et d’héritage.
Comment se structure la masculinité dans un milieu populaire et rural ? Qu’est-ce qui sépare le “bon gars”, “le vrai pote sur qui on peut compter” de la figure méprisée du “cassos” ou du “schlag” ? Direction le grand Est, dans des villages à la campagne. Le sociologue Benoît Coquard y a passé trois années à fréquenter un groupe d’une vingtaine de personnes, pour la plupart des hommes, entre 18 et 40 ans, surnommés “la bande à Boris”. Il a partagé leurs “apéros entre potes”, s’est entraîné avec eux au club de foot, a écouté et observé ces hommes ouvriers, employés, artisans, peu représentés dans les médias ou les œuvres culturelles.
Épisode 1/4 : Histoire inédite d’une mobilisation (55 minutes)Santé, politiques sociales, services sociaux [Modifier]
Les recherches du sociologue Etienne Nouguez portent sur le marché des produits de santé en France. Pour sa thèse, il s'est intéressé aux médicaments génériques avec une approche par les prix. Arrivés dans le milieu des années 2000, ils ont bouleversé notre système de santé en introduisant des questions économiques et budgétaires. Etienne Nouguez poursuit ses recherches avec les médicaments innovants comme les alicaments et les probiotiques, toujours sous l'angle des règles de fonctionnement des marchés et des prix. Etienne Nouguez montre ainsi les nombreuses entrées possibles pour étudier son objet de recherche, les médicaments.
Quelles leçons tirer des succès (et des échecs, également) des dernières décennies pour affronter les problèmes qui confrontent les plus pauvres aujourd'hui ? Comment combiner réalisme et volontarisme pour trouver une issue à des problèmes qui pourraient paraître insolubles, mais que nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas résoudre ?
Suzanne et Tarek sont sourds. Et depuis que leur fille Marina est petite, elle leur sert de voix. Elle interprète pour eux tout ce qu’ils ne peuvent pas entendre. Dans cet épisode de Fracas, Suzanne et Tarek racontent ce que c'est de vivre dans un monde qui ne les comprend pas. Ils expliquent, au micro de Jeanne-Marie Desnos, les difficultés qu'ils ont rencontré au cours de leur vie, et à quel point cette situation rend leurs liens familiaux si particuliers. Ils racontent, tous les trois, ce que c’est d’être une famille où l’enfant doit être l’aidant pour ses parents.
Depuis les années 30 et l'enquête fameuse menée par Paul Lazarsfeld à Marienthal dans l'Allemagne pré-hitlerienne, on sait qu'au lieu de se révolter et de manifester,** les chômeurs ont tendance à se couper de la vie politique** . Mais quels sont les effets plus larges des crises économiques et de leurs conséquences sociales sur la participation politique ? Sont-ils toujours les mêmes ? Comment expliquer qu'en Grèce et en Espagne on assiste à une assez forte mobilisation sociale et à des victoires électorales de partis bien à gauche là où en France, par exemple, cela semble davantage profiter à l'extrême-droite ? Pour répondre à ces questions, il faut impérativement prendre le temps d'écouter longuement ceux auxquels on prête peu souvent attention : les inaudibles.
Épisode 1/3 : Au secours de nos vieux (58 minutes)Histoire [Modifier]
Charité bien ordonnée commence par une histoire de l’hôpital pour soigner les pauvres et par celle des Sociétés de secours mutuel. Et voici la Sécurité sociale, qui voit le jour (heureux) en octobre 1945, mais elle est désormais confrontée à une sombre affaire de trou : une histoire à creuser...
Dans cet épisode, Michelle Perrot parle de son enfance dans une famille bourgeoise et catholique parisienne, puis de son entrée à la Sorbonne durant la période des Trente Glorieuses. Elle raconte également son engagement au sein du MLF "Mouvement de libération de la femme", discute de l'apport des chercheuses américaines dans ses réflexions féministes et de son amitié avec l'anthropologue Françoise Héritier, ainsi que du mouvement #Metoo.
La séparation telle que la choisissent ses inspirateurs, partisans de l’apaisement, ne met pas pour autant fin aux relations des Eglises et de l’Etat. La République ne reconnaît plus les cultes. Cependant, elle a encore à les connaître puisqu’elle se préoccupe de la liberté de leur exercice. Le texte est d’importance, il rompt avec le Concordat de 1802 : le catholicisme, « religion de la grande majorité des citoyens », y était conçu en rempart de l’ordre, ses évêques et ses prêtres salariés, logés, tels des fonctionnaires. La séparation telle que la choisissent ses inspirateurs, partisans de l’apaisement, ne met pas pour autant fin aux relations des Eglises et de l’Etat. La République ne reconnaît plus les cultes. Cependant, elle a encore à les connaître puisqu’elle se préoccupe de la liberté de leur exercice. A cet effet, sont considérées toutes les questions de biens et d’argent qui pourraient se poser pour les édifices.
En menant une enquête sur deux jeunes femmes devenues institutrices dans les années 60, dont sa propre mère – morte quand elle avait deux ans – Christine Détrez signe avec Karine Bastide un grand livre de sciences sociales. "Christiane est née en 1945, Huguette en 1941. Toutes deux étaient institutrices. De Christiane, on ne savait rien : après sa disparition dans un accident de voiture, à l'âge de vingt-six ans, elle avait été effacée de l'histoire familiale et des albums photos. D'Huguette, au contraire, on détenait beaucoup : un livre publié, des manuscrits, des lettres, des articles de journaux, une correspondance avec Simone de Beauvoir... Tout cela enfermé dans des malles bien verrouillées."Sociolinguistique & langage
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La production et la reproduction des inégalités et des différences est une question classique en sciences sociales. L’apport de la sociolinguistique est de montrer comment et pourquoi cette fabrique des inégalités se joue aussi sur le terrain des langues et du langage. Pour mieux comprendre la mise en œuvre de ces processus aujourd’hui mais aussi par le passé, il est donc nécessaire d’engager une exploration du vécu des acteurs sociaux dans tous les aspects de leur vie. Et d’engager aussi ce qu’on pourrait appeler une approche véritablement ethnographique. Monica Heller, linguiste et anthropologue canadienne a initié et
développé cette approche dans l’univers qui est le sien : la société
canadienne. Qu’en est-il de la politique étatique en matière de langue
au Québec ? Qu’est-ce que cela veut dire, de ne parler que français à la
maison, à l’école, et au travail ? Est-ce qu’agir sur la langue est une
voie vers le pouvoir ou le changement social ? Qui, au Canada, invente
et fait circuler le discours de la nation, et avec quelles conséquences ?Auteur·ices classiques & Généralités
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Voici un trésor des Archives de la Parole, conservé depuis plus de cent
ans, aujourd'hui précieusement gardé à la Bibliothèque nationale de
France (BnF). C’est la voix d’Émile Durkheim, le “père de la
sociologie”, l’un des plus importants penseurs modernes.
Gramsci est devenu une icône, célébrée par tou·tes ou presque (y compris
les extrêmes droites contemporaines, héritiers de ses pires ennemis
politiques), réduite à quelques citations (les fameux "monstres" qui
surgissent dans le "clair-obscur" de la crise), en somme une figure
parfois dépolitisée, souvent privée de son tranchant politique. Ce qu'on
oublie bien souvent, c'est que Gramsci fut un dirigeant du parti
communiste italien, s'inscrivant dans la filiation de Lénine et de la
révolution russe, enfermé par la dictature mussolinienne. Mais on oublie
aussi et surtout ses apports spécifiques à la compréhension du fascisme
et de la lutte pour le communisme. Avec Yohann Douet, on se propose
donc dans cet épisode de vous aider à naviguer parmi les textes, les
idées et les concepts de Gramsci, en soulignant à quel point elles
permettent de penser le fascisme, le danger qu'il représente et les
voies par lesquelles il progresse. Chemin indispensable pour nous, au
regard de la montée des extrêmes droites, en France et dans le monde.
Entretiens avec le sociologue sans doute le plus connu au monde. Howard Becker s'est initié, dans le Chicago d'après-guerre, à la sociologie le jour, et au jazz la nuit. Une expérience sensible des marges qui marque son travail.Howard Becker a publié son étude "What about Mozart ? What about murder ?" en 2014 : présentant ce travail, il revient sur son analyse de la déviance et sur les critiques suscitées par sa perspective contextuelle, avant de définir sa vision de la pratique sociologique.
Voyage à Chicago, dernier arrêt. Entre les quartiers riches et le ghetto, se trouve l’Université de Chicago, qui a vu naître, au début du vingtième siècle, une pensée sociologique qui prenait ses distances vis-à-vis du travail de Durkheim, en appelant à produire des connaissances sociologiques qui soient utiles au règlement des problèmes sociaux concrets. Non pas simplement expliquer, mais comprendre, non pas décrire, mais observer, et pour se faire se trouvait sous leurs yeux un terrain d’étude particulièrement approprié à la mise en œuvre de ces nouvelles méthodes : la ville de Chicago, dont la moitié de la population, en 1900, était née en dehors des Etats-Unis, en proie aux problèmes de gangs, de criminalité et d’immigration.
D’où
provient telle chose ? Quelle est la cause de ceci ? De cela ? Comment
pareil événement a-t-il pu se produire ? À chaque fois que l’on tente de
répondre à ce type de questions, se met en place un chemin vers
l’abîme...La sociologie est une science, une science humaine, la science
de l’humain en société. Cette science a l’ambition de comprendre ou
d’expliquer ce qui se passe dans une société donnée, ou dans un groupe
particulier : les phénomènes sociaux, les trajectoires des individus,
les phénomènes collectifs, la logique des conflits, les manifestations
de la violence, les processus de radicalisation, pour ne citer que
quelques exemples de ses sujets.
Pour les traiter, a-t-elle besoin
de l’idée de cause, ou bien peut-elle s’en passer en ne s’appuyant que
sur la mise en évidence de relations, de corrélations, d’interactions
entre les membres d’un groupe au sein de la société ?
Mots clés : Corrélations, Causalité, phénomènes sociaux
Source : Podcast La conversation scientifique (481 épisodes)Animé par : Etienne Klein
Invités : Michel Wieviorka et Jacques Moret
Date : Mars 2019
Durée : 59 minutes
C'est
le début pour nous d'une semaine autour, dans et sur le réel, dans le
cadre du festival Citéphilo. Pour cette occasion, c'est dans la salle
des Beaux Arts de Lille que nous avons installé nos micros et que nous
allons donner la parole à quatre penseurs contemporains, dont le travail
consiste à tenter de saisir, de décrire ou de transformer le réel. Pour commencer cette semaine lilloise, nous recevons le sociologue Robert Castel, qui vient se demander si la sociologie se doit de décrire ou de critiquer le réel.
Mots clés : Réel (concept philosophique), ethnographie, sociologie de la connaissance
Vidéos [Modifier]
Webtv de Nantes Université : conférences Chercheur·es à la BU
Conférence à l'occasion de la
sortie de l'ouvrage "Santé et travail dans les TPE : s'arranger avec la
santé, bricoler avec les risques", de Fanny Darbus et Emilie Legrand,
Fanny Darbus. La statistique publique montre que la santé
des salarié.es des « très petites entreprises » (TPE), définies en
France comme celles regroupant moins de 10 salarié.es , tend à être
meilleure qu’ailleurs alors même que la présence de risques
professionnels y est plus forte et que la prévention y est très peu
développée . C’est ce que l’on peut appeler le paradoxe des TPE.
L’enjeu de ce livre est de démêler les fils de ce
paradoxe en s'intéressant à la manière dont dirigeant.es et salarié.es
des TPE tiennent les enjeux de santé et de travail au quotidien.
C’est ainsi une occasion de s’intéresser à des
entreprises et des travailleurs.ses qui, bien souvent, passent sous les
radars des politiques publiques et de la connaissance scientifique, et
de mettre au jour les logiques d’invisibilisation des troubles de santé
autant que les manières d’y faire face malgré tout. Les auteurs ont mené leur enquête dans les secteurs
de la coiffure, de la restauration et du bâtiment car ils concentrent
des travailleurs.ses fortement exposé.es en termes de risques
professionnels et de pénibilités.
🔹 🔹 🔹
Passer du lycée à l’université est souvent
considéré par les élèves, les parents et les responsables politiques
comme une rupture. Que s’y passe-t-il concrètement ? Les savoirs
enseignés et les modalités pédagogiques sont-ils si différents ? Le
travail auquel les étudiants sont confrontés à l’université est-il
radicalement nouveau par rapport au lycée ?
Pour répondre à ces
questions, la présentation s'appuie sur une enquête de terrain, réalisée
en lycée général et en première année de licence universitaire. Cette
enquête analyse la façon dont les professeurs et les élèves participent à
la transmission des savoirs, soit en enseignant, soit en apprenant, à
l’intérieur comme à l’extérieur des salles de classe.
La présentation
aborde les différentes étapes de la transmission des savoirs :
préparation collective des cours, négociation des savoirs en classe
entre enseignants et élèves, travail personnel des élèves ou encore
perspective sur les bons et les mauvais savoirs. Cela conduit à proposer
une nouvelle manière étudier les savoirs qui sont enseignés et appris
dans les institutions d’enseignement.
Athlète d’État, dopage omniprésent, tutelle pesante du KGB... la liste des croyances collectives sur le sport soviétique est bien ancrée dans les mémoires. Encore aujourd'hui, le sport soviétique fait l’objet d’une véritable fascination. Dans la Russie contemporaine, les champions d'URSS constituent des témoignages vivants de la grandeur passée. Dans les pays occidentaux, ils sont au contraire les symboles des traits les plus sombres du "totalitarisme soviétique".
Sylvain Dufraisse tente de dépasser ces récits et s'intéresse à l'histoire sociale, politique et culturelle de ce groupe en URSS. Pour cela, il étudie les politiques mises en œuvre pour circonscrire, sélectionner, former et valoriser des champions. Il met cependant en avant les débats et les difficultés que posent dans un régime collectiviste la désignation et le soutien à des individus-modèles.
🔹 🔹 🔹
Une recherche empirique, quantitative et qualitative, sur les modes de traitement des délits par la justice pénale en pleine mutation a mobilisé plusieurs chercheurs notamment de l'Université de Nantes. La démarche pluridisciplinaire fut au cœur de la dynamique scientifique, associant juristes, sociologues et psychosociologues, pour réaliser cette étude de l'administration de la justice pénale, à partir de l'examen des dossiers judiciaires complété par des entretiens avec les acteurs de la politique pénale dans le ressort de cinq juridictions du Grand Ouest de la France.
🔹 🔹 🔹
L'université fait, à l'heure actuelle, l'objet d'un triple diagnostic pointant des orientations par défaut vers ses filières, des abandons massifs à l'issue de la première année et une faible insertion de ses diplômés. Dans cette conférence, Sophie Orange montre non seulement que ces trois maux de l'université ne résistent pas à l'examen empirique des situations réelles, mais aussi de questionner le rôle de ce discours de la crise.
Émissions et programmes vidéos
“Les profs ne travaillent pas assez, ils se plaignent alors qu’ils sont
toujours en vacances”, ou encore “les élèves sont de plus en plus
violents”, “le niveau baisse”, sans parler du classique “les profs sont
des absentéistes”, les idées reçues sur l’école française sont
extrêmement répandues. Parce que l’on y passe tous, et parce que l’on
peut avoir un lien direct avec elle notamment en tant que parents
d’élèves, beaucoup d’entre nous se permettent d’avoir des avis très
tranchés sur l’école, l’éducation nationale de manière générale, sans
forcément connaître le sujet en profondeur. Pourtant, c’est un sujet
d’intérêt public. L’éducation nationale est le premier budget de la
Nation, 12 millions d’élèves fréquentent cette école au quotidien et 1
million 200 000 personnes y travaillent. Bref, de par son rôle de
formation des citoyens, l’école est un sujet de société incontournable
et pourtant mal connu. Alors, parce qu’elle en avait assez des clichés
sur le sujet, parce qu’elle voulait analyser les idées reçues, la
journaliste spécialiste de l’éducation Louise Tourret a décidé
d’enquêter sur cette thématique et d’en tirer un livre, où elle reprend
une par une ces phrases toutes faites, qu’elle confronte aux faits.- Quels livres pour débuter en sociologie ?


